Archive pour janvier, 2009

déTours au midi

Posted in Uncategorized on janvier 31, 2009 by debloque

Habitant à moins de 300 mètres du quartier en question je suis d’assez près cette problématique qui frappe ses habitants depuis de très très longues années. Je me suis donc rendu à l’expo dont vous trouverez des détails ci-dessous. J’y suis resté une vingtaine de minutes juste avant sa fermeture ce samedi. Je n’ai pas eu le temps de prendre connaissance de tous les nombreux textes ainsi que de la ligne du temps retracant 20 années d’enlisement faisant état de l’évolution du quartier et de la précarisation croissante de ses habitants ou ex habitants.

A voir aussi pour en savoir plus:

DANS 10 JOURS OU DANS 10 ANS… – DVD ­ CHRONIQUE D’UNE “REVITALISATION” URBAINE / 1989-2008

Détours au Midi

Le quartier du Midi, 1989 – 2009 :
20 ans de “revitalisation urbaine”

Exposition du 15 janvier au 15 mars 2009, au Pianofabriek, 35 rue du Fort, 1060 Bruxelles. Du lundi au vendredi de 09h00 à 22h00. Le samedi de 13h00 à 20h00. Entrée gratuite.

En cette année 2009, cela fera tout juste 20 ans que la Région de Bruxelles-Capitale est née, 20 ans que la SNCB donna le coup de lancement de l’installation d’un terminal TGV en gare du Midi, 20 ans que la compagnie des chemins de fer, les promoteurs privés et les pouvoirs publics communaux (Saint-Gilles) et régionaux se disputent le développement immobilier de ce quartier promis à un avenir “international”.

L’exposition que propose le comité du quartier Midi repose sur une ligne du temps reprenant l’histoire de ce quartier, de cette commune qui n’a jamais réglé son clivage entre “haut” et “bas”, les principaux événements qui ont mené au démantèlement social et urbanistique de ce quartier pour y implanter — à l’image de Saint-Josse et son quartier d’affaires — une importante zone de bureaux censée être plus rentable pour Saint-Gilles. Le point de vue développé est celui des habitants, victimes de cette lutte pour la maîtrise du foncier, de ce jeu de Monopoly où ce sont les autorités publiques qui ont fini par se transformer en développeurs immobiliers. A ce détail près que celles-ci, impréparées et désargentées, lancèrent leur projet dans un contexte maussade et le fondèrent sur un phantasme (l’arrivée des investisseurs internationaux).

A l’aide de photos, de textes et d’autres documents, cette exposition met en parallèle les décisions politiques, les plans urbanistiques, les acquisitions et expropriations, la dégradation du quartier, l’incertitude et la précarité de plus en plus pesantes pour les habitants.

Le sujet intéressera d’un point de vue historique. Comment un pouvoir public, censé incarner les espoirs d’une ville faite pour ses habitants, a-t-il pu mener un aussi mauvais coup sans jamais changer son fusil d’épaule, ni tirer les leçons de ce ratage? Mais la situation exposée ici renvoie également vers des situations actuelles. Celles d’habitants du Midi, dont le sort n’est toujours pas réglé 20 ans après le début de l’opération. Celles d’autres zones de Bruxelles, également promises (en autres via le “Plan de dévelopemment international”) à un “développement international

R.I.P suite: John MARTYN

Posted in Uncategorized on janvier 31, 2009 by debloque

Un départ naturel plus récent. Celui de John Martyn qui s’est éteint le 29 janvier 2009. Dans la discrétion il s’en est allé rejoindre Ron Asheton.

Un album paru en 1973 ‘Solid Air‘ l’avait révélé aux oreilles d’un public folk. Dédié à Nick Drake. Rugueuses et aériennes les chansons qui composent cet album marquent. Grognement de fauve, rencontre de la musique celtique et de chorus jazz, blues rural. Des accords simples, des textes ancrés dans le plaisir et la douleur se heurtent et aboutissent parfois à une poésie absurde. Jubilation tranquille et incroyable plasticité sonore. Juxtaposition d’un cauchemar poisseux, de rage et d’impuissance, de tourbillons névrotiques sans monologue surexplicatif. Partcipe à cet album Richard Thompson.

Ce musicien écossais comptait comme amateurs Steve Winwood, Eric Capton et bien d’autres.
Il fit ses débuts ses débuts lors d’une décennie qui aura mis en avant le retour d’une musique folk, du blues, du rock progressif. Tel un balladin acoustique, détaché de toute vision commerciale il traverse quatre decennies

Départs naturels

Posted in Uncategorized on janvier 31, 2009 by debloque

                                                  RON ASHETON

 

Tout comme chez nous les humains dits ordinaires la nature agit aussi chez les musiciens. En moins d’un mois la grande faux aura tranché les têtes de Ron Asheton ainsi que celle de John Martyn leur imposant un mutisme définitif. Il avaient chacun 6O ans.

Premier départ naturel celui de Ron Asheton dont le corps a été retrouvé le 6 janvier quelques jours après sa mort. Voilà de quoi alimenter la légende pour celles et ceux qui en seraient férus. Pour les gens distraits sachons que Ron Asheton fut le guitariste des Stooges a peine dissimulé sous l’ombre à demi nue de Iggy Pop.

Fondés en 1967 à Detroit par Iggy Pop, Ron Asheton et son frère Scott et Dave Alexander, les Stooges sont considérés comme les précurseurs du punk grâce à leur trois séminaux premiers albums, trois disques sans faute d’une virulence sans pareille:

The Stooges (1969) produit par John Cale et incluant les inusables No Fun et I Wanna Be Your Dog
Fun House (1970) Brutalité punk et expérimentations dignes du free jazz ou de certaines avant gardes.
Raw Power (1973). Mixé par David Bowie. Ron Asheton délaisse la guitare au profit de la basse. Des ventes insuffisantes décident Elektra à virer le groupe de son écurie. A l’époque ce type de renvoi existait déjà. Bien que n’étant pas le plus doué des guitaristes techniquement parlant il figure au palmares dressé par le magazine Rolling Stone comme étant le 29ième guitariste (rock) de tous les temps. Finalement les trains arrivant à l’heure n’intéressent personne n’est-ce pas? Ses riffs simples et puissants, lourds, malsains  nous les avons retrouvés et retrouvons toujours dans une lignée plus ou moins dégénérée composée des Sex Pistols, les White Stripes, Sonic Youth, Patti Smith, Swans, Richard Hell. Les versions de No Fun et I Wanna Be Your Dog comprennent plus d’nterprétations que la chanson la plus classique des Beatles.

Durant les 20 suivants la séparation des Stooges Ron Asheton ce musicien assez provocateur sévit au sein de New Order (USA), New Race, Destroy, All Monsters etc…

Malgré l’âge et le temps les Stooges se reforment en 2003 faisant honneur à son nom et à ses nombreux fans anciens et nouveaux.

 

 

 

 

LA QUARANTAINE R.I.P.

Posted in Uncategorized on janvier 29, 2009 by debloque

La Quarantaine voit le jour un 21 juillet 2005. Peu d’heures auparavant Konono N°1 se produisait à Bozar.  African r’n'r punk and booze!

La Quarantaine relève d’un concept. 

 Alain George, son sympathique ‘patron’, ouvre le lieu qu’il occupait déjà comme ‘press shoppiste’ le jour de son anniversaire. 40 objets garnissent son micro magasin,  certains en plusieurs exemplaires : livres, pralines, vins fins, DVD choisis…  le tout dans un esprit assez peu mercantile

Vendre des magazines people  et des billets de loterie à gratter, il ne le voulait plus. Rêves en papier glacé et misère de l’âme.

Première difficulté : comment survivre avec une offre si basse ? Sans découragement, il multiplie les  ‘produits’. En vain… La trésorerie souffre.

Il ne renonce à rien. Les concerts habillent sonorement le petit commerce. Des expos s’affichent au regard des passants, lecteurs et cinéphiles.

Durant l’été, il sort une nouvelle solution de son chapeau, et demande à de fidèles clients de lui souscrire un bon d’achat de 50 euros tout en lui refilant  une playlist, une booklist etc… Se basant sur les goûts éclairés de ses amis clients il consacre le maigre magot amassé pour proposer autre chose… Mais c’est peine perdue.

Sensible être éclairé, quelque peu taciture,  Alain doit ce soir fermer sa boutique.  Aventure bien triste. Sa passion n’a jamais été motivée par le lucre.

Durant quelques années, j’ai pris plaisir à déserrer les cordons de ma bourse chez lui poursuivant le boycott de la Fnac.  Mieux  vaut attendre 6 semaines un livre  commandé plutôt que d’être servi immédiatement chez un grand acteur commercial et pseudo-culturel.

J’ai fait la connaissance d’Alain à l’occasion de son service civil, presté dans mon bureau au sein de la Médiathèque, alors place Flagey.

Alain I love you. :-)

 

PS: Suit un texte de Maxime.

 

 

Bonjour à toutes/tous, 

De nombreux musiciens et labels indépendants (Matamore, Humpty Dumpty, b_y records, Résidence Baudoux, Spank Me More) s’associent ce samedi pour un marathon musical inédit où nous enterrerons, dans la joie et la bonne humeur, la belle utopie que fût la librairie Quarantaine.
“Fût”, car, de fait, elle fermera définitivement ses portes ce jeudi… 
Quarantaine était non seulement le seul endroit au monde où on pouvait trouver tous les disques Matamore, mais aussi (et surtout) un formidable lieu de découverte (littéraire, musicale, filmographique, autres), où la relation commerciale n’était jamais un but en soi, mais plutôt un prétexte, un moyen pour provoquer la rencontre. Un endroit où, par la grâce d’Alain Georges, j’ai pu organiser une douzaine de jolis concerts intimistes entre 2005 et 2008, avant de mettre le cap sur Molenbeek. 

Et si vous ne pouvez/voulez pas vous déplacer ce samedi soir, il ne vous reste pas 36 solutions pour soutenir une dernière fois :
- soit vous vous bougez les fesses et vous rendez sur place (Rue Lesbroussart 43a à Ixelles) cette semaine pour piller gaiement ce qu’il reste à piller (jeudi par exemple, pour la soirée de fermeture)
- soit vous restez confortablement assis chez vous et achetez un disque Matamore (10 euros, pas cher) sur notre site d’ici samedi et votre argent ira directement dans la poche trouée de Monsieur Georges (pour rappel, c’est ici -> www.matamore.net/mail-order)

A samedi strait,
Maxime



LA CRISE DE LA QUARANTAINE
 
SAM 31 JANVIER
20.00 – 10 EUR

L’L
Rue Major René Dubreucq 7
1050 Ixelles
www.llasbl.be

Avec :
20h30 – 20h45 : SHARKO
20h45 – 21h00 : CARL
21h00 – 21h20 : CAFÉNÉON
21h20 – 21h40 : LE YÉTI
21h40 – 22h00 : HANK HARRY
22h00 – 22h15 : SAMIR BARRIS
22h15 – 22h30 : LOIC B.O.
22h30 – 22h50 : PATTON
22h50 – 23h05 : SYLVAIN CHAUVEAU
23h05 – 23h20 : HALF ASLEEP
23h20 – 23h40 : K-BRANDING
23h40 – 23h55 : QUENTIN HANON
23h55 – 00h10 : SUN OK PAPI KO
00h10 – 00h30 : JOY
00h30 – 00h45 : CODE314
00h45 – 01h05 : LE BARON 5

Noise Addict (dimanche 25 janvier 2009)

Posted in Uncategorized on janvier 28, 2009 by debloque

1/ Martiensgohome : « Bobrush »
Prypyat   XM216V
[2000-mgh]

2/ For a Few (More) Decibels I

3/ Gabriel Paiuk & Jason Kahn : sans titre (plage 7)
Breathings (UP0450)
[2005-Cut]

4/ Raed Yassin & Liz Allbee : sans titre
RadioWorm 99
[2008-WormRec]

5/ For a Few (More) Decibels II

6/ Alexei Borisov : sans titre
RadioWorm 99
[2008-WormRec]

7/ Dog Faced Hermans « H Tribe »
Those Deep Buds. XD292G
[1994-Konkurrel]

8/ For a Few (More) Decibels III

9/ Muuttuvat Kasvot : « Sadelintu »
sans titre
[2007-autoproduction]

10/ Sokkyou : « Bouddha »
Sokkyou
[2008-autoproduction]

9/ For a Few (More) Decibels IV

10/ Dimitri Voudouris : « NPFAI. 1 » (extrait)
NPFAI. 1 / Palmos / NPFAI. 3 / Praxis
[2006-Pogus]

11/ For a Few (More) Decibels V

12/ Hey Lover : « I’ve Got to Get You Home »
Hey Lover
[2007-Hovercraft & Breakfast Mascot Records]

13/ Kahn, Korber, Möslang, Müller, Weber, Yamauchi : sans titre (plage 2, extrait)
Signal to Noise vol. 4  XK017V
[2006-For 4 Ears]

14/ For a Few (More) Decibels VI

Alain Bolle & Stéphane Pastor

GRAMPALL JOOKABOX ‘Ropechain’ XG672A

Posted in Uncategorized on janvier 26, 2009 by debloque

Si vous ne pensez plus rien attendre de frais en matière de  musique ne vous inquietez pas. Il vous sera toujours possible de vous rabattre sur des solistes qui vous entraînent dans leur vocabulaire.  Cet Etatsunien à la gueule de bucheron nous offre un deuxième album.  Influencé autant par le blues que le hip-hop il hurle son expression sans aucun artifice langagier.  Roprechain a été enregistré dans une forme d’urgence en moins de sept jours au coeur d’une action débridée.  Pas de hameçons verbeux…que des titres intenses mettant en relief le talent de cet artiste schizophrène.

Album foutraque sorti  sur le label Asthmactic Kitty appartenant à Sufjan Stevens.  Aucune manipulation marketing trop marquée. De la joie, de la spontanéité, de la bonne humeur, de la pop paranormale baignée de lumière.  du hip-hop cosmique. l’étrangeté d’Animal Collective, la paranoia de Roky Erickson c’est tout ça à la fois.

MERCREDI 21 JANVIER 2009

Posted in Uncategorized on janvier 24, 2009 by debloque

La journée du 21 janvier aurait du en soirée être très chargée.

A l’Iselp (Institut supérieur pour l’étude de langage plastique)  est annoncé un cycle de conférences avec le thèms suivant:

Parasitose et figures de l’excès : l’invention “noise” comme pratique extra-musicale. Janvier – mars 2009 par Sébastien Hiset alias Sepia Hours.

La matière est interpellante et a été présentée comme suit:

La distinction entre musique et bruit ayant toujours été au cœur des débats, il apparaît plus ou moins clair que le bruit a toujours été ressenti comme destruction, pollution, agression contre le code qui structure le message. Force est de constater, pourtant, que le bruit ne se pense pas dans sa seule forme parasite ; en témoigne l’existence d’une tendance musicale non-conforme aux us et traditions, relevant de dispositions culturelles nouvelles : une tendance bruitiste, communément qualifiée de « noise ». Elle prend à contre-pied les plus communes définitions de la musique, fondées sur sa dimension esthétique, pour s’intéresser à d’autres aspects de l’œuvre : sa structure, son sens, son effet sur l’auditeur, ou les différentes caractéristiques du son. Depuis la genèse conceptuelle du bruitisme au début du XXe siècle, nombre de compositeurs ont intégré et pensé l’objet bruit, ouvrant l’acte de composition et la musique à de nouvelles possibilités, des territoires sonores jusque là inexplorés. De Luigi Russolo à Merzbow, en passant par Pierre Schaeffer, John Cage, Fluxus, les mouvements industriels et expérimentaux du dernier quart du XXe siècle (de John Zorn à Aki Onda), une réflexion sur la nature du bruit, sa place et son rôle dans nos sociétés actuelles, montre que, loin de toute impertinence et d’un régime de l’absurdité, le geste « noise », par-delà une conception du bruit comme objet privé de signification, engage le praticien dans une posture culturelle sans précédent, singulière, extra-musicale. Ainsi, le geste noise fait sens – il produit du commun et du sensible – et révèle des comportements, aptitudes et besoins propres à nos sociétés contemporaines.
Il s’agira par conséquent de questionner le concept noise au départ des notions de « parasite », de « souillure », d’ « impureté », de « violence », de « pollution », d’ « agression », de « détournement », mais aussi de la question politique qui le sous-tend (conditions de production, démocratisation des pratiques créatives, phénomène de l’auto-gestion, etc.), en l’illustrant de cas concrets, de travaux et de pratiques, de manière à décrire et justifier l’usage de l’objet bruit par les musiciens et artistes du XXe siècle à nos jours, pour le saisir in fine dans un sens élargi, dans et par-delà son historicité, aux limites de son actualité.

Faute d’inscrits ce cycle est postposé et devrait se tenir en septembre ou octobre 2009.  L’Iselp est une institution versée dans les arts plastiques qui aura éprouvé des difficultés à toucher et intéresser un public cible orienté vers le son,  les sons, la musique.  Dommage. Celà traduit tout de même la verticalité ou les sectorisme des intérêts.  La Médiathèque, l’Iselp et l’Erg coordonneront cet événement et assureront une communication à la fois large et ciblée.

Heureusement se déroule un double concert au Schip (rue des mariniers) à côté de la porte de Flandre pour sauver la soirée. Au menu Ignatz et Chris Forstyh.  Environ 40 personnes sont réunies.

Ignatz artiste local commence. Il adopte une position assise tournant le dos au public. Face a lui un ampli et un micro lui permettant d’envoyer dans ce petit local un blues du type psychédélique et/ou blanc. D’autres bien avant lui avait délibérément évité le regard du public. Pensons à Miles Davis qui durant une longue période de sa carrière aura plus observer ses musiciens et son instrument  que le public. Pensons à Eric Clapton qui à l’occasion d’un concert donné en Australie dans les seventies  a du rencontrer les foudres de la justice pour ‘irrespect’ marqué envers le public. Durant 9O minutes il n’aura montré que la nuque, le dos, le postérieur. Contrat non rempli avait-on dit. Irrespect, amateurisme, dédain.  A l’époque les musiciens adoptaient pour la plupart une attitude des plus démagogique. Le punk et quelques crachats auront effacés certains de ces aspects.

Ignatz improvise quasi totalement dans une enveloppe d’effêts et de bruits produits par des pédales qu’il actionne manuellement. Le chant est chuchoté.  Les mots sont cassés et peu compréhensibles. Lo-fi totale, assumée et revendiquée.  Extrème beauté du son pourri. Nombreuses incantations à la Jandek.  Rien ne lui réussit autant qu’une apparence d’échec. Rien de formaté au prêt à penser ou à produire.

Chris Forsyth est tout aussi peu connu qu’il est actif. Soit seul ou dans des projets partagés avec Chris Heenan, Nate Wooley, Diaz-Infante, Phantom Limb, Psi etc…

Deux morceaux. Le premier est un long crescendo de 30 minutes qui se terminera dans une hyper sensualité sauvage et rugeuse. Tel un Glenn Branca ‘folk’, un This Heat à lui seul, un Sun City Girls il extirpe des harmonies à la fois puissantes et minimales.  Cette longue pièce est envoutante et bruitiste. Sans cesse des couches sonores se superposent. Impossible de réduire ce musicien à un ‘tag’.  Sont présents dans son expression du rock bruitiste, du ‘folk’,  des drones, du psychédélisme. Un deuxième morceau beaucoup plus bref fera figure de chute sonore. Cette deuxième pièce n’était pas réellement indispensable.

 

 

 

ATP: The Nightmare Before Christmass 2008

Posted in Uncategorized on janvier 21, 2009 by debloque

Voici une version bien plus lisible et mieux mise en page d’un article que j’ai fait figurer sur ce blog il y a deux semaines.

ATP: The Nightmare  before Christmas : 5-7 décembre 2008

 

Ce festival un tantinet itinérant a déjà connu maintes éditions.  Il a vu le jour en 1999 sous l’impulsion de Barry Hogan (ex- manager du groupe Belle And Sebastian), sous forme de mini-festival dans un centre de vacances. Avec l’accord du Velvet Underground le festival se nomme « All Tomorrows Parties ».

Il est assez particulier dans la mesure ou il privilégie un cadre convivial et une proximité avec les artistes logés à même enseigne que le public au sein d’un village en bord de mer, Minehead, dans le Somerset, région située entre le nord des Cornouailles et le sud du Pays de Galles.

Ce confort a un prix et intéresse un public à 90% masculin « middle class » dont l’âge moyen est  compris entre 25 et 40 ans.

Le programme ne cède pas trop aux sirènes du marketing. Depuis lors, Barry Hogan donne carte blanche totale à un artiste/groupe curateur. Se sont succédés dans ce rôle Thurston Moore, Shellac, Tortoise, Autechre, Vincent Gallo, Throbbing Gristle, Devendra Banhart, Portishead…

Cette année ce fut au tour de The Melvins et de Mike Patton de se voir confier la programmation. Voici ce qu’ils ont concocté pour l’édition de décembre :

 

Melvins, Isis, Neil Hamburger, Dälek, Big Business, The Black Heart Procession, Torche, Kill Me Tomorrow, J.G. Thirlwell's Manorexia, The Dirtbombs, Mastodon, Butthole Surfers, Fantômas perform, The Director's Cut, The Locust, Zu, Bohren Und Der Club of Gore, Farmers Market, Squarepusher, Soulsavers featuring Mark Lanegan, The Damned, White Noise, Bohren Und Der Club Of Gore , MadLove, Double Negative, Boss Hog, Rahzel, Teenage Jesus And The Jerks, Tweak Bird, Monotonix, Joe Lally, Meat Puppets, Os Mutantes, Mugison, Taraf De Haidouks, Bernard Parmegiani, Porn, Fennesz, Vocal Sampling, Labeque Sisters, Kool Keith + Kutmasta Kurt, Ghostidigital, Junior Brown, Martina Topley Bird, Leila, James Blood Ulmer

 

 

Si « All Tomorrows Parties » présente des qualités, il a aussi de grands défauts. S’il se veut une vitrine de l’actualité et de (trop peu) découvertes tout en offrant aussi la possibilité de voir des artistes dont la musique s’inscrit dans le temps, la part consacrée au « passé » est trop importante. Notons quelques exceptions tout à fait décalées : Bernard Parmegiani, les sœurs Labèque, le Taraf De Haidouks et Stockhausen’s Kontakte avec Steinberg et Winant.

Moins de monde pour cette édition. Sans doute est-ce dû au fait que Mike Patton

que ce soit sous le nom de Fantomas,  de Peeping Show, de Patton & Fennesz

ou Tomahawk, ainsi que les Melvins ont sans doute été trop présents sur les scènes

européennes.

 

Je ne tenais pas à tout voir et entendre et j’ai opéré une sélection.

Voici ce que j’en ai retenu parmi les 46 formations :

 

The Melvins :

Le groupe s’est produit à trois reprises. La toute première fois dans une version rassemblant le line up original de 1983 avec Mike Dillard à la batterie. A cette occasion le groupe a revisité ses racines punk. Les deux autres prestations furent aussi assez classiques. Le groupe a revisité l’ensemble de sa carrière en s’attardant sur les albums « Senile Animal » et « Nude With Boots ». A noter la présence de deux batteurs.

 

Isis :

Jeu assez puissant produisant une forme de prog metal. Son faiblard.

 

ZU :

Zu se produit en début de festival le vendredi. Les trois italiens se partageant sax, batterie et basse ont livré du power jazz, du free rock avec une puissance rarement égalée. La prestation a été renversante et a mis à mal  tous les musiciens qui se seront succédés durant ce week-end. J’avais déjà vu ce groupe à diverses occasions. J’ai rarement pu apprécier un tel gain de cohésion en si peu de temps. Il ne s’agit pas d’un nom nouveau. Cependant une révélation. Le sommet du festival dois-je dire.

 

Neil Hamburger :

Un comédien au goût assez douteux. Il ne peut que difficilement capter l’attention du public. Humour assez gras connaissant des dérapages. Sur certains CD, il collecte des conversations téléphoniques rudoyant sans aucune empathie ses interlocuteurs.

 

Big Business :

Duo faisant partie du noyau des Melvins. Prestation courte et chaotique. Après quelques secondes, l’ampli basse rend l’âme. A la fin du concert ils sont rejoints par Dale Crover des Melvins.

 

 

Dälek :

Hip-hop noise. La rencontre d’un MC (Mc Dälek) et d’un bruiteur (Oktopus).

Rap mêlé de sons industriels. Oppressant.

 

Torche :

Sludge-pop-metal. Je n’ai vu que la fin de leur concert. La fin fait penser à la rencontre de Black Sabbath et des Melvins (oui, encore eux !!!).

 

J.G. Thirlwell’s Manorexia 

Projet expérimental et instrumental créé en en 2001.
Par l’initiateur de Fœtus. Steroïd Maximus. Les musiciens lisent et appliquent des partitions. Cordes + batterie + piano. Jim Thirlwell dirige la formation.

 

 

The Dirtbombs :

Groupe originaire de Detroit. Il produit une musique apparentée au garage-punk-soul. Un groupe débordant d’humour et dégageant une humeur délirante. Cependant la présence de deux batteurs au jeu trop similaire n’ajoute rien d’un point de vue rythmique. Malgré tout un bon moment de rock’n’roll.

                           

Mastodon :

Qualifié d’espoir du heavy metal depuis quelques années.

La qualité du concert est altérée chaque fois que le guitariste livre des envolées lyriques. Aucun morceau ne tenait dans la durée tant l’étalage de la technique fut prédominant.

 

Fantomas :

« Super groupe » constitué de membres de Slayer, Mr Bungle, Melvins, etc. Fantomas interprète le « Director’s cut », un album sorti en 2001. Des soundtracks de films tels que Rosemary’s Baby, des musiques de cartoons. Les ‘paroles’ sont abstraites et volontairement incompréhensibles. Mike Patton a le tord de demander au public le nom du meilleur groupe jusqu’à présent. De nombreuses voix (dont la mienne) s’élèvent ne prononçant qu’une seule syllabe : ZU. 

 

The Locust :

Groupe rock originaire de San Diego, Californie, Etats-Unis.

Synthés lourds, sons distordus, chant morveux et grande présence scénique. Musique complexe et rapide avec d’incessants et imprévisibles changements de rythmes. Les musiciens portent des cagoules et apportent une certaine théâtralité nuisible.

 

Bohren Und Der Club Of Gore :

Groupe allemand. Avant-jazz-ambient-doom-metal.

J’avais vu le groupe dans d’excellentes conditions à l’AB club il y a moins de deux mois. Cette fois-ci le groupe fut handicapé par l’absence d’un des leurs et n’ont pas été à la hauteur de ce qui fait leur singularité. C’est-à-dire une musique mortellement lente faite de basse, piano électrique, d’une grosse caisse. Point de rythme ou de mélodie. Une effrayante descente aux enfers. Le tout sur un ton cinématographiquement ‘lynchien’.  Dommage.

 

The Damned :

Un concert ridicule. Une grossière erreur que de programmer ce ‘vieux’ groupe punk. Blague ultime : ils ont même fait usage d’un synthé. A oublier de suite.

 

White Noise :

Groupe né en 1969 et resté calé dans sa décennie. Le groupe s’est produit dans une quasi indifférence tentant de reproduire ce qui fit leur gloire relative jadis. Les manipulations de bandes magnétiques furent absentes. La présence du vieux synthé Ems VCS3 fut désuète. Par contre, les lampes à huile furent très visibles.

 

Trio Abel-Steinberg-Winant

Interprétation, avec un système quadriphonique, de l’œuvre de Stockhausen « Kontakte ». Un public peu nombreux mais assez recueilli écoute debout, assis ou étendu cette pièce ‘ancienne’ pour  piano et percussions (gongs et éléments métalliques). Deux personnes sur scène tandis que la troisième spatialise. Celle-ci

avait devant elle une partition dont les annotations et l’écriture sont peu classiques.

L’ancien projectionniste sonore de Stockhausen aura utilisé pour ce faire des master  tapes originales.

 

Mike Patton en personne se précipitera pour féliciter le trio.

 

Boss Hog :

Absent le temps de laisser s’épuiser deux mandats républicains le groupe revient. Jon Spencer flanqué de Christina Martinez (à moins que ce ne soit le contraire) apporte du bon vieux rock garage.

 

Teenage Jesus And The Jerks : 

Absent durant trente années de la scène le groupe no wave reprend du service. Le résultat d’une commande plus que certainement. Lydia Lunch (chant/guitare), Thurston Moore (basse) et Jim Sclavunos (percussions). Une prestation courte (15 minutes) mais intense. A l’origine James White Chance fit partie du groupe.

 

Monotonix :

Trio israélien originaire de Tel Aviv. Tout comme the Ligthning Bolt, le groupe se produit au milieu du public. Au bout de quelques minutes le chaos survient. Le 70’s vintage metal, le grunge-blues pousse le public à s’emparer des instruments et…..des musiciens.  Tout s’arrête rapidement dans un désordre total.  L’émeute est toute proche………

 

Taraf De Haidouks ;

Ils  sont reçus des plus chaleureusement. Tout en contraste par rapport au reste de la programmation, ils produisent  une musique communicative. Cette troupe roumaine s’est formée en 1989 juste avant la mort du dictateur. Musique tsigane des Balkans. Le groupe est à géométrie très variable et peut compter jusqu’à 30 musiciens. Cette fois moins d’un tiers  des effectifs était présent.

 

 

Junior Brown :  Voix de ‘baryton’. Country musique.

 

Bernard Parmegiani : 

Difficile de choisir entre James Blood Ulmer et Bernard Parmegiani qui se produisaient exactement à la même heure. C’est l’aîné que je retiens.  Il est né en 1927. Bernard Parmegiani, de tout le festival, aura proposé la musique la plus audacieuse. Au début le public se montrait dubitatif se demandant de quoi émanaient ces sons. Tout en prêtant grande attention, j’observe les auditeurs qui petit à petit remarquent que Bernard Parmegiani nous offre une œuvre acousmatique qui a des points d’accroche ludiques pour les personnes faisant connaissance avec le genre. Telle une balle de ping pong, le son voyage glissant subtilement d’une enceinte à l’autre. Se superposent bourdons et craquements. L’artiste se montre généreux et génère une longue pièce de 75 minutes.  Des moments plus dramatiques ponctuent  l’œuvre. Une véritable expérience en soi à condition de ne pas trop sacraliser le son ou d’être subjugué par une technique.

 

Conclusion !

Ce festival fut une relative déception. A quelques exceptions près ce festival ne brilla pas par l’audace qu’on aurait pu attendre de lui. Ce qui est sans doute gênant c’est aussi le caractère assez monolithique des groupes réunis. Un festival plus tourné vers le passé que vecteur d’avenir. Mike Patton aura, sans dénigrer une certaine ouverture (plus large que celle des Melvins), fait preuve de népotisme. Ethiquement il aurait pu se dispenser d’inviter autant de groupes faisant partie de son écurie Ipecac !

A.B.   

 

 

 

Concert de Zbigniew Karkowski à Bozar

Posted in Uncategorized on janvier 20, 2009 by debloque

Jeudi passé est un annoncé un double programme prometteur à Bozar.

D’abord un film réalisé par par Guy-Marc Hinant et Dominique Lohlé appelé Fuck You tourné en Chine suivant le musicien polonais Zbigniew Karkowki en Chine et ensuite un concert de celui-ci.

Selon cet homme ayant étudié auprès de Xenakis, Messiaen, Boehmer et Boulez il est de la responsabilité de l’artiste de voyager et de travailler dans le monde entier afin de comprendre un maximum de cultures et de développer une forme de vérité. L’exil serait une condition nécessaire à toute création. Je n’en dirai pas plus car ce film je ne l’ai jamais vu. J’arrive quinze minutes avant la projection lorsqu’on me dit que je dois me rendre à la billetterie se trouvant en face au bout de la galerie Ravenstein. Une longue file disciplinée de 20  mètres se déroule. Arrivé au desk j’apprends que c’est complet.  C’est bien la première fois qu’un événement de ce type est sold out.

Je ne suis pas inquiet car Zbigniew Karkowski je l’ai déjà vu il y a quelques années à Recyclart à l’occasion du festival Politics of Noise ou étaient présents Merzbow, Whitehouse, Pan Sonic et bien d’autres en octobre 2003.

Je me rends à nouveau vers le hall d’entrée ou il est chuchoté que 20 billets supplémentaires seraient mis en vente.  Les amateurs les plus souples et rapides se précipitent à nouveau vers la billeterie. Les billets trouvent immédiatement acquéreur. A moitié dépité je décide noyer ma relative  déception dans deux bières non loin de là dans un estaminet assez connu.

Plus tard j’apprends que 6O tickets supplémentaires auront été mis en vente.

Amusant de constater que la désorganisation n’est pas le lot de structures désargentées. Au cours de ces dernières années Bozar avait déjà imposé ce type de chaos. Une première fois à l’occasion de l’accueil de The Ex qui étaient venus fêter 25 années d’existence et une autre fois lors du passage du groupe congolais Konono N°1.  Un 21 juillet.  Qu connait les paroles de la Brabançonne?

A chaque fois des dizaines de cannettes de bière on jonché le sol.   La cafétaria pratiquant des prix prohibitifs a fait les frais de la présence de quelques night shops.

Cheminant bon gré mal gré cheminant vers Saint-Gilles je repasse à Bozar. Le concert de Karkowski vient  seulement de débuter.  Aucune vigile en vue si ce n’est la présence d’une personne conseillant le port de protections auriculaires.  Cette pratique est de plus en plus courante.  Qui est derrière cette mesure? La santé publique? La protection de la jeunesse?

La prestation de Zbigniew Karkowski sera aussi courte que dénuée d’intérêt.

D’une manière nonchalante il se déplace latéralement activant les doigts sur une table de mixage, un laptop ou quelques effêts. Pendant 20 ou 25 minutes il nous offre un bourdon métallique peu inspiré. Un bug soudain viendra mettre fin à l’ennui et au concert.

That’s all folks!!!!!!!!!

 

 

 

 

bozar

CHARLES HAYWARD

Posted in Uncategorized on janvier 19, 2009 by debloque

Charles Hayward se produira ce vendredi 23
janvier au cinéma Nova à Bruxelles:

www.nova-cinema.org

Né en 1951, Charles Hayward est un batteur anglais. Co-fondateur du groupe This Heat en compagnie de Charles Bullen et Gareth Williams, il se livre très tôt à des expérimentations sonores usant de bandes magnétiques bouclées et manipulées, de sons trouvés, de percussions, de claviers. Certaines sessions enregistrées entre 1976 et 1978 voient le jour en 1979, qui est aussi l’année de parution de l’album paronyme “Deceit”. Durant les activités en studio de Charles Bullen, Charles Hayward collabore avec Lora Logic, Blurt, Everything But The Girl, Raincoats. Plus tard, un nouveau trio nommé Camberwell Now (Charles Hayward + Trefor Goronwy + Stephen Rickard) se forme. Sortent quelques albums sur le label suisse Recommended. Depuis 1987, Charles Hayward mène une carrière solo même si, ici et là, il lui arrive de collaborer avec Fred Frith et Bill Laswell sous le nom de Massacre. Pour cette soirée, Charles Hayward sera derrière ses fûts chantant, usant d’artifices électroniques, pianotant et soufflottant dans un mélodica.