ATP: Nightmare before Christmas 2008
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ATP: The Nightmare before Christmas : 5-7 décembre 2008
Ce festival un tantinet itinérant a déjà connu maintes éditions.
Ce festival a vu le jour en 1999 sous l’impulsion de Barry Hogan (ex- manager du groupe Belle And Sebastian. Celui-ci organise dans un centre de vacances un mini-festival. Avec l’accord du Velvet Underground le festival porte le nom de All Tomorrows Parties. Ce festival est assez particulier dans la mesure ou il privilégie un cadre convivial et une proximité avec les artistes logés à même enseigne que le public au sein d’un village de vacances en bord de mer. Minehead se trouve dans le Somerset, une région située entre le nord des Cornouailles et le sud du Pays de Galles. Ce confort a un prix et intéresse un public à 90% masculin middle class dont l’âge moyen est compris entre 25 et 40 ans. Ce festival est particulier dans la mesure ou il ne cède pas trop aux sirènes du marketing. Depuis lors Barry Hogan donne carte blanche totale à un artiste/groupe curateur. Se sont succédés dans ce rôle Thurston Moore, Shellac, Tortoise, Autechre, Vincent Gallo, Throbbing Gristle, Devendra Banhart, Portishead… Cette année ce fut au tour de The Melvins et de Mike Patton de se voir confiés la programmation. Voici ce qu’il ont concocté pour l’édition de décembre :
Melvins Isis Neil Hamburger Dälek Big Business The Black Heart Procession Torche Kill Me Tomorrow J.G. Thirlwell's Manorexia The Dirtbombs Mastodon Butthole Surfers Fantômas perform The Director's Cut The Locust Zu Bohren Und Der Club of Gore Farmers Market Squarepusher Soulsavers featuring Mark Lanegan The Damned White Noise Bohren Und Der Club Of Gore MadLove Double Negative Boss Hog Rahzel Teenage Jesus And The Jerks Tweak Bird Monotonix Joe Lally Meat Puppets Os Mutantes Mugison Taraf De Haidouks Bernard Parmegiani Porn Fennesz Vocal Sampling Labeque Sisters Kool Keith + Kutmasta Kurt Ghostidigital Junior Brown Martina Topley Bird Leila James Blood Ulmer
Ce festival présente des qualités mais aussi de grands défauts. Il se veut à la fois une vitrine de l’actualité et de découvertes (trop peu) et offre aussi la possibilité de voir des artistes dont la musique s’inscrit dans le temps mais aussi dans un passé beaucoup trop d’ailleurs. Des exceptions tout à fait décalées : Bernard Parmegiani, les sœurs Labèque, le Taraf De Haidouks et Stockhausen’s Kontakte avec Steinberg et Winant. Moins de monde pour cette édition. Sans doute est-ce du au fait que Mike Patton que ce soit sous le nom de Fantomas, de Peeping Show, de Patton & Fennesz ou Tomahawk ainsi que les Melvins ont sans doute été trop présents sur les scènes européennes.
Je ne tenais pas à tout voir et entendre et ai désiré opérer une sélection. Voici ce que j’en ai retenu parmi les 46 formations :
The Melvins : Le groupe s’est produit à trois reprises. La toute première fois dans une version rassemblant le line up original de 1983 avec Mike Dillard aux drums. A cette occassion le groupe a revisité ses racines punk. Les deux autres prestations furent aussi assez classiques. Le groupe a revisité l’ensemble de sa carrière en s’attardant sur les albums Senile Animal et Nude With Boots. A noter la présence de deux batteurs.
Isis : Jeu assez puissant produisant une forme de prog metal. Son faiblard
ZU : D’entrée de jeu Zu se produit en début de festival le vendredi. Les trois italiens se partageant sax, batterie et basse onjt livré du power jazz, du free rock avec une puissance rarement égalée. La prestation fut renversante et mit a mal tous les musiciens qui se seront succédés durant ce week-end. J’avais déjà vu ce groupe à diverses occasions. J’ai rarement pu apprécier un tel gain de cohésion en si peu de temps. Il ne s’agit pas d’un nom nouveau. Cependant une révélation. Le sommet du festival dois-je dire.
Neil Hamburger : Un comédien au goût assez douteux. Il ne peut que difficilement capter l’attention du public. Humour assez gras connaissant des dérapages. Sur certains cd il collecte des conversations téléphoniques rudoyant sans aucune empathie ses interlocuteurs.
Big Business : Duo faisant partie du noyau des Melvins. Prestation courte et chaotique. Après quelques seconde l’ampli basse rend l’âme. A la fin du concert il sont rejoints par Dale Crover des Melvins.
Dälek : Hip-hop noise. La rencontre d’un mc (Mc Dälek) et d’un bruiteur (Oktopus) Rap mêlé de sons industriels. Oppressant.
Torche : Sludge-pop-metal.Je n’ai vu que la fin de leur concert. La fin fit penser à la rencontre de Black Sabbath et des Melvins (oui, encore eux !!!).
J.G. Thirlwell’s Manorexia Project experimental et instrumental créé en en 2001 Par l’initiateur de Fœtus. Steroïd Maximus. Les musiciens lisent et appliquent des partitions. Cordes + batterie + piano. Jim Thirlwell dirige la formation.
The Dirtbombs : Groupe originaire de Detroit. Il produit une musique apparentée au garage-punk-soul. Un groupe débordant d’humour dégageant une humeur délirante.. Cependant la présence de deux batteurs au jeu trop similaire n’ajoute rien d’un point de vue rythmique. Malgré tout un bon moment de rock’n’roll. .
Mastodon : Qualifié d’espoir du heavy metal depuis quelques années le groupe n’a pas convaincu. La qualité fut altérée chaque fois que le guitariste livrait des envolées lyriques. Aucun morceau ne tenait dans la durée tant l’étalage de la technique fut présente.
Fantomas : « Super groupe » constitué de membres de Slayer, Mr Bungle, Melvins Etc. Fantomas interprète le Director’s cut » un album sorti en 2001. Des soundtracks de films tels que Rosemary’s Baby, des musiques de cartoons. Les ‘paroles’ sont abstraites et volontairement incompréhensibles. Mike Patton à le tord de demander à public le nom du meilleur groupe jusqu’à présent. De nombreuses voix (dont la Mienne) s’élèvent ne prononçant qu’une seule syllabe : ZU.
The Locust : Groupe rock originaire de San Diego, Californie, Etats-Unis. Synthés lourds, sons distordus, chant morveux ef grande présence scénique. Musique complexe et rapide avec d’incessants et imprévisibles changements de rythmes. Les musiciens portent des cagoules et apportent une certaine théâtralité nuisible.
Bohren Und Der Club Of Gore : Groupe allemand. Avant-jazz-ambient-doom-metal. J’avais vu le groupe dans d’excellentes conditions à l’AB club il y a moins de deux mois. Cette fois-ci le groupe fut handicapé par l’absence d’un des leurs et n’ont pas été à la hauteur de ce qui fait leur singularité. C’est à dire une musique mortellement lente faite de basse, piano électrique, d’une grosse caisse. Point de rythme ou de mélodie. Une effrayante descente aux enfers. Le tout sur un ton cinématographiquement ‘lynchien’ Dommage.
The Damned : Un concert ridicule. Une grossière erreur que de programmer ce ‘vieux’ groupe punk. La blague ultime ils ont même fait usage d’un synthé. A oublier de suite.
White Noise : Groupe né en 1969 resté calé dans sa décennie. Le groupe s’est produit dans une quasi indifférence tentant de reproduire ce qui fit leur gloire relative jadis. Absentes furent les manipulations de bandes magnétiques, désuet fut la présence du vieux synthé Ems VCS3. Par contre très visibles furent les lampes à huile.
Trio Abel-Steinberg-Winant interprète avec un système quadriphonique l’œuvre de Stockhausen ‘Kontakte’. Un public peu nombreux mais assez recueilli écoute debout, assis ou étendu cette pièce ‘ancienne’ pour piano et percussions (gongs et éléments métalliques). Deux personnes sur scène tandis que la troisième spatialise. Celle-ci avait devant elle une partition dont les annotations et l’ écriture sont peu classiques.. L’ancien projectionniste sonore de Stockhyausen aura utilisé pour ce faire des master tapes originales. Mike Patton en personne se précipitera pour féliciter le trio.
Boss Hog : Absent le temps de laisser s’épuiser deux mandats républicains le groupe revient. Jon Spencer flanqué de Christina Martinez ( (à moins que ce ne soit le contraire) apporte du bon vieux rock garage.
Teenage Jesus And The Jerks : Absent durant 3O années de la scène le groupe no wave reprend du service. Le résultat d’une commande plus que certainement. Lydia Lunch (chant/guitare), Thurston Moore (basse) et Jim Sclavunos (percussions). Une prestation courte (15 minutes) mais intense. A l’origine James White.Chance fit partie du groupe.
Monotonix : Trio israélien originaire de Tel Aviv. Tout comme the Ligthning Bolt le groupe se produit au milieux du public. Au bout de quelques minutes le chaos survient. Le 70’s vintage metal, le grunge-blues pousse le public à s’emparer des instruments et…..des musiciens. Tout s’arrête rapidement dans un désordre total. L’émeute est toute proche………
Taraf De Haidouks ; Ils sont reçus des plus chaleureusement. Tout en contraste par au reste de la programmation ils produisent une musique communicative. Cette troupe roumaine s’est formée en 1989 juste avant la mort du dictateur. Musique tsigane des Balkans. Le groupe est à géométrie très variable et peut compter jusqu’à 30 musiciens. Cette fois moins d’un tiers des effectifs était présent.
Junior Brown : Voix de ‘baryton’. Country musique.
Bernard Parmegiani : Difficile de choisir entre James Blood Ulmer et Bernard Parmegiani qui exactement à la même heure se produisaient. C’est l’ainé que je retiens. Il est né en 1927 Bernard Parmegiani de tout le festival aura proposé la musique la plus audacieuse. Au début le public se montrait dubitatif se demandant de qui de quoi émanaient ces sons. Tout en prêtant grande attention j’observe les auditeurs qui petit à petit remarquent que Bernard Parmegiani nous offre une œuvre acousmatique qui a des points d’accroche ludiques pour les personnes faisant connaissance avec le genre. Telle une balle de ping pong le son voyage glissant subtilement d’une enceinte à l’autre. Se superposent bourdons et craquements. L’artiste se montre généreux et génère une longue pièce de 75 minutes. Des moments plus dramatiques ponctuent l’œuvre. Une véritable expérience en soi à condition de ne pas trop sacraliser le son ou d’être subjugué par une technique.
Pour conclure ce festival fut une relative déception. A quelques exceptions près ce festival ne brilla pas par l’audace qu’on aurait pu attendre de lui. Ce qui est sans doute gênant c’est aussi la caractère assez monolithique des groupes réunis. Un festival plus tourné vers le passé que vecteur d’avenir. Mike Patton aura ,sans dénigrer une certaine ouverture (plus large que celle des Melvins) fait preuve de népotisme. Ethiquement il aurait pu se dispenser d’inviter autant de groupes faisant partie de son écurie Ipecac.
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