MERCREDI 21 JANVIER 2009

La journée du 21 janvier aurait du en soirée être très chargée.

A l’Iselp (Institut supérieur pour l’étude de langage plastique)  est annoncé un cycle de conférences avec le thèms suivant:

Parasitose et figures de l’excès : l’invention « noise » comme pratique extra-musicale. Janvier – mars 2009 par Sébastien Hiset alias Sepia Hours.

La matière est interpellante et a été présentée comme suit:

La distinction entre musique et bruit ayant toujours été au cœur des débats, il apparaît plus ou moins clair que le bruit a toujours été ressenti comme destruction, pollution, agression contre le code qui structure le message. Force est de constater, pourtant, que le bruit ne se pense pas dans sa seule forme parasite ; en témoigne l’existence d’une tendance musicale non-conforme aux us et traditions, relevant de dispositions culturelles nouvelles : une tendance bruitiste, communément qualifiée de « noise ». Elle prend à contre-pied les plus communes définitions de la musique, fondées sur sa dimension esthétique, pour s’intéresser à d’autres aspects de l’œuvre : sa structure, son sens, son effet sur l’auditeur, ou les différentes caractéristiques du son. Depuis la genèse conceptuelle du bruitisme au début du XXe siècle, nombre de compositeurs ont intégré et pensé l’objet bruit, ouvrant l’acte de composition et la musique à de nouvelles possibilités, des territoires sonores jusque là inexplorés. De Luigi Russolo à Merzbow, en passant par Pierre Schaeffer, John Cage, Fluxus, les mouvements industriels et expérimentaux du dernier quart du XXe siècle (de John Zorn à Aki Onda), une réflexion sur la nature du bruit, sa place et son rôle dans nos sociétés actuelles, montre que, loin de toute impertinence et d’un régime de l’absurdité, le geste « noise », par-delà une conception du bruit comme objet privé de signification, engage le praticien dans une posture culturelle sans précédent, singulière, extra-musicale. Ainsi, le geste noise fait sens – il produit du commun et du sensible – et révèle des comportements, aptitudes et besoins propres à nos sociétés contemporaines.
Il s’agira par conséquent de questionner le concept noise au départ des notions de « parasite », de « souillure », d’ « impureté », de « violence », de « pollution », d’ « agression », de « détournement », mais aussi de la question politique qui le sous-tend (conditions de production, démocratisation des pratiques créatives, phénomène de l’auto-gestion, etc.), en l’illustrant de cas concrets, de travaux et de pratiques, de manière à décrire et justifier l’usage de l’objet bruit par les musiciens et artistes du XXe siècle à nos jours, pour le saisir in fine dans un sens élargi, dans et par-delà son historicité, aux limites de son actualité.

Faute d’inscrits ce cycle est postposé et devrait se tenir en septembre ou octobre 2009.  L’Iselp est une institution versée dans les arts plastiques qui aura éprouvé des difficultés à toucher et intéresser un public cible orienté vers le son,  les sons, la musique.  Dommage. Celà traduit tout de même la verticalité ou les sectorisme des intérêts.  La Médiathèque, l’Iselp et l’Erg coordonneront cet événement et assureront une communication à la fois large et ciblée.

Heureusement se déroule un double concert au Schip (rue des mariniers) à côté de la porte de Flandre pour sauver la soirée. Au menu Ignatz et Chris Forstyh.  Environ 40 personnes sont réunies.

Ignatz artiste local commence. Il adopte une position assise tournant le dos au public. Face a lui un ampli et un micro lui permettant d’envoyer dans ce petit local un blues du type psychédélique et/ou blanc. D’autres bien avant lui avait délibérément évité le regard du public. Pensons à Miles Davis qui durant une longue période de sa carrière aura plus observer ses musiciens et son instrument  que le public. Pensons à Eric Clapton qui à l’occasion d’un concert donné en Australie dans les seventies  a du rencontrer les foudres de la justice pour ‘irrespect’ marqué envers le public. Durant 9O minutes il n’aura montré que la nuque, le dos, le postérieur. Contrat non rempli avait-on dit. Irrespect, amateurisme, dédain.  A l’époque les musiciens adoptaient pour la plupart une attitude des plus démagogique. Le punk et quelques crachats auront effacés certains de ces aspects.

Ignatz improvise quasi totalement dans une enveloppe d’effêts et de bruits produits par des pédales qu’il actionne manuellement. Le chant est chuchoté.  Les mots sont cassés et peu compréhensibles. Lo-fi totale, assumée et revendiquée.  Extrème beauté du son pourri. Nombreuses incantations à la Jandek.  Rien ne lui réussit autant qu’une apparence d’échec. Rien de formaté au prêt à penser ou à produire.

Chris Forsyth est tout aussi peu connu qu’il est actif. Soit seul ou dans des projets partagés avec Chris Heenan, Nate Wooley, Diaz-Infante, Phantom Limb, Psi etc…

Deux morceaux. Le premier est un long crescendo de 30 minutes qui se terminera dans une hyper sensualité sauvage et rugeuse. Tel un Glenn Branca ‘folk’, un This Heat à lui seul, un Sun City Girls il extirpe des harmonies à la fois puissantes et minimales.  Cette longue pièce est envoutante et bruitiste. Sans cesse des couches sonores se superposent. Impossible de réduire ce musicien à un ‘tag’.  Sont présents dans son expression du rock bruitiste, du ‘folk’,  des drones, du psychédélisme. Un deuxième morceau beaucoup plus bref fera figure de chute sonore. Cette deuxième pièce n’était pas réellement indispensable.

 

 

 

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