Compte rendu de la conférence Paysages Sonores : Une histoire du Soundscape

Ce vendredi 15 janvier 2010 s’est tenue dans les locaux de l’INSAS  un conférence intitulée Paysages Sonores:  Une Histoire du Soundscape. La soirée fut organisée par l’ACSR.

 L’orateur principal était R. Murray Schafer qui est un acteur de terrain canadien   cofondateur du « projet mondial d’environnement sonore » (auquel il participe toujours).  Schafer publie en 1977 Le Paysage Sonore (originalement publié en anglais sous le titre The tuning of the world). Cet ouvrage, qui se veut en quelque sorte la synthèse de ses recherches en matière d’écologie sonore, lui vaut rapidement une reconnaissance internationale. Il serait le premier à avoir développé le concept de « paysage sonore », en anglais « soundscape ».  La scéance fut animée par Kaye Mortley qui est une productrice indépendante  basée à Paris. Elle travaille pour France Culture ainsi que pour L’Atelier de Création Radiophonique ainsi que pour certaines radios européennes. Les interventions et échanges avec le public furent traduits par un interprète dont le rôle fut peu utile tant furent limpides et compréhensibles les interventions de l’invité.  La soirée s’est déclinée comme ceci:

Entretien avec Murray Schafer animé par Kaye Mortley

– Diffusion de ’Questionnaire pour Lesconil’ 1980 (50’), documentaire de Yann Paranthoën

Questionnaire pour Lesconil, sur l’évolution inéluctable du paysage sonore et son incidence sur le comportement des habitants d’un port breton, dont la majorité a une vie réglée sur l’écoute de la mer. Réalisation en collaboration avec Murray Schafer.

– Réaction des intervenants et du public

– Ecoutes de paysages sonores proposées et commentées par Murray Schafer et Kaye Mortley

La soirée fut perturbée par l’intervention assez intempestive d’un système d’alarme pour le moins strident…..:-)

Je tente ici de résumer les propos tenus même si le déroulement de la soirée ne suivit pas nécessairement un fil conducteur. Il aurait été préférable que l’orateur s’exprime spontanément. Je tente donc de refléter le plus fidèlement possible ce qui a été dit.

C’est sans doute le terme paysage sonore (soundscape en anglais) terme inventé au début des années 70 qui donne une existence au domaine qui nous occupe ici. Le paysage sonore (soundscape), un  néologisme créé par contraction entre landscape et sound . En 1975, des chercheurs canadiens emmenés par Schafer visitaient cinq villages d’Europe, dont Lesconil, petit port du Finistère Sud, pour recueillir le paysage sonore des lieux. Les micros furent posés sur des durées de plus de 24 heures captant l’environnement sonore de jour comme de nuit formant comme celà un cycle sonore.  Le but de ces chercheurs dont la démarche était plus scientifique, écologique ou sociologique qu’artistique était de recueillir le paysage sonore des lieux par des enregistrements et des relevés d’écoute, ainsi que des entretiens avec les habitants qui les guidaient vers des lieux d’écoute extérieurs.  Les sons entendus et émis par différente sources sonores (les cloches, le vent, les vagues… permettaient  aux villageois pour la plupart marins-pêcheurs de prévoir les conditions météorologiques.  Un projet de construction d’une autoroute aura soulevé des boucliers et engendré  un mouvement d’ordre écologique.  On constatait  par exemple l’abandon de la criée à voix haute, l’augmentation du bruit de fond automobile et aérien qui s’était mis à masquer certains sons et déstabiliser une population guidées par des repères auditifs. Des enregistrements réalisés quelques années plus tard dans les même lieux aboutissent à des études comparatives et à l’étude  de l’action du son sur la vie de la communauté des pêcheurs. Faut-il voir cette évolution comme un progrès ou au contraire comme étant une destruction, de nouvelles formes de pollution.  L’écologie sonore, ou écologie acoustique, est l’étude de la relation entre les organismes vivants et leur environnement sonore. Elle est née il y a moins de quarante ans. Une  discipline à la croisée de multiples champs :  géographie, urbanisme, sociologie, acoustique…Chaque lieu présente un environnement sonore différent en fonction de sa localisation et/ou de son époque.

Quelques réflexions suivirent quant l’action engendrée par la présence d’un micro. Les personnes évoluant face ou consciemment proche d’un micro agissent tels des acteurs, des êtres prestant.  A l’étranger ou en Occident les réactions diffèrent.  Le micro médiatise et porte un effêt sur la situation. Le micro provoque soit une inhibition ou des comportements extravertis.

Les premières personnes ayant oeuvré dans le domaine du field recordings sont plus que probablement des ornithologues. Plus tard l’acte artistique ou scientifique a été accolé à l’enregistrement de terrain.

S’en suivent des interventions résultant de questions. Voici des réponses en vrac:

Les saisons influencent le son.

Certains sons sont caractériques d’un lieu (des soundmarks).

Le Japon a dressé un catalogues des 10 régions  du pays présentant les plus beaux sons. Ces endroits sont devenus des attractions touristiques engendrant une véritable industrie.

Au moyen âge  les écrits étaient très peu répandus et les analphabètes majoritaires.  Les journaux étaient absents et la signalétique inexistante. Des sons qui portés par des crieurs ou des cloches s’adressaient à la population imprimant un rythme à la vie.

R. Murray Schafer est favorable à la création d’un nouveau médium tel que l’écoute collective dans des chambres d’écoute.  La radio altère les captations sonores faisant usage de compresseurs écrasant subtilités et nuances.  Ce type d’écoute très attentive va à l’encontre d’un monde sans cesse de plus en plus rapide et enivrant. Une forme de méditation liée à l’écoute ne peut que garantir une meilleure santé, plus de confort selon R. Murray Schafer. Un intervenant a soulevé le danger lié à la nostalgie sonore. De toute manière l’environnement est évolutif au travers des âges.  Il ne faut pas nécessairement parler de destruction ou de pollution sonore. R. Murray Schafer prone par contre la possibilité pour le citoyen d’agir sur son environnement sonore plutot que de le subir. De toute manière même si on s’en rend peu compte le milieu urbain  est plus siliencieux qu’il y a 3o ou 40 ans. Progrès et bruit sont désormais dissociés. 

Pour terminer R. Murray Schafer nous fait écouter brièvement une pièce sonore commandée par la WDR qui lui a rapporté un prix ‘ Le bruit de la Neige’.  Les intentions de R. Murray Schafer étaient au travers de la réalisation de cette pièce tout a fait réussie et aboutie de donner une grande idée des conditions climatiques et hivernales vécues dans cette province quasi désertique, le Manitoba,  ainsi qu’une grande impression de solitude.

La soirée fut soudainement interrompue par le fait qu’il nous a fallu impérativement quitter les lieux pour 20 heures sonnantes!!!!!

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :