Festival ATP (10ième anniversaire)

En décembre (plus précisément du 11 au 13) s’est déroulée une édition marquant un dixième anniversaire.  Célébration de dix années de bruit, doom de moments exquis et d’autres qui le furent bien moins. Ce festival se tient le plus souvent dans des centres de vacances désertés par des touristes refroidis par la rigueur de la période hivernale.  Minehead se situe dans le Somerset, région calée entre le sud du Pays de Galles et le Nord des Cornouailles à quelques jets de pierre de Bristol. Contrairement aux autres éditions ce festival ne s’est point monté sous l’égide d’un curateur/commissaire (terme plus utilisé dans le domaine des arts plastiques) .  (My Bloody ValentineMelvins, Mike Patton, Portishead, Thurston Moore, Shellac, Mars Volta, Autechre, Tortoise etc….les années précédentes). Cette année les groupes qui se sont produits avaient déjà été présents comme curateur ou simples participant invités. Précédemment je n’avais marqué le lieu de ma présence que deux fois (en 2007 et 2008). La formule reste habituelle pour les festivaliers. Un forfait couvre le logement (dans des chalets) ainsi que l’accès aux trois espaces accueillant les concerts. Le taux de la livre sterling rend le séjour moins onéreux.  Plus ou moins 4000 personnes présentes. La gente masculine est dominante arithmétiquement parlant. (75%).

Passons au programme:

GROWING:

Growing fut un de ces nombreux groupes qui nous offrit ce qui n’était pas attendu d’eux. Plutôt que de produire une musique légèrement dronesque appuyée par des guitares Growing dissimulé derrière des labtops a revisité les eigthies. Des sons de synthés vieux de quasi 30 ans et voix ‘vocodées’.

STEPHEN MALKMUS AND THE JICKS:

Stephen Malkmus et sont groupe jouent  dans la salle la plus froide et la plus horrible (sonorement). Le public (fan de Pavement)  s’agglutine. Rapidement celui-ci s’éloigne de la scène tant fut pénible l’audition d’un Allman Brothers du troisième millénaire.  L’impression était celle d’un isolement total sur une route deshydratée du désert mexicain.

YEAH YEAH YEAHS:

Montant sur scène avec 40 minutes de retard le groupe assène un ‘you son of bitches, we just got there motherfuckers’ . Répondant soit à une mode ou à une commande Yeah Yeah Yeahs joue l’intégralité de l’album ‘Fever To Tell’.  Karen, la chanteuse, déboule d’énergie et se veut sexy. Elle provoque les journalistes versant champagne sur les lentilles et objectifs.  Depuis Queen à Foret National (+/- en 1978) je n’avais vu personne verser ce liquide surestimé en dehors d’un gosier ou sur la coque d’un navire. Le set est en place et pro. Accent trop évident mis sur les aspects visuels.  Surenchère totale de faire valoir et de naîveté pseudo débridée.

MUM:

Les musiciens sont nombreux. Le line up est en mouvance constante. Equibre parfait entre une pop de chambre et des approches ‘expérimentales’  glitchant ci et là. L’instrumentation est riche. Mélodica et les voix dominent. Le groupe se retire non sans avoir offert en finale un mur du son tel que peut le produire Sigur Ros.

SIX ORGANS OF ADMITTANCE:

Inspiré par John Fahey et Basho, dignes représentants d’une rencontre est-ouest, Ben Chasny fonde Six Organs Of Admittance en 1998. Il produit des ragas à la guitare entouré de carillons et de drones. Ici rien de tel. Six Organs Of Admittance nous offre une musique pastorale parfois un tantinet blues psyché soutenue par quelques claviers et des synthés discrets.

PAPA M:

Le samedi vers 14h Papa M monte sur scène après un vendredi guère passionnant au dire de quasi tout le monde.  David Pajo promet timidement un massage cérébral adoucissant les maux de tête causés par la fureur du bruit de la veille et une certaine libation. D’emblée David Pajo dédicace le concert au batteur (feu le batteur?) absent. Résumé à un trio Papa M  nous immerge dans un bain doux et chaud avec de discrets bruits acoustiques. Les morceaux bénéficient d’une écriture complexe et subtile avec des thèmes recurrant ponctuant le tout. L’émotion est à son comble….la retenue à son paroxsysme. Le set fut malheureusement beaucoup plus court que prévu. Est-ce du à la défection du batteur? Malgré l’enthousiasme du public Papa M ne revint jamais. A souligner l’excellence du bassiste et l’apparition en solitaire de David Pajo dont la carrière aura renconté aux cours de deux décades Palace Brothers, Slint, Royal Trux, The For Carnation etc…

AFRIRAMPO:

Sans crier gare le duo Afriampo se rue sur les planches  et hurle Happy Birthday to ATP tel Marilyn Monroe lorgnant JFK  sous une bannière étoilée.  Le ton est immédiatement donné. Speedées et exitées elles offrent un r’n’r sauvage, énergique, précis.  Rencontre de Lighning Bolt et de Deerhoof. Excellent pour les amateurs de musique festive et débrydée.

OM:

Formé en 2003 par deux ex musiciens du groupe Sleep après un hiatus total de six ans. Om se produit dans une obscurité quasi totale. Une basse lourde et agressive provoque des vibrations corporelles. Un tambourin rythme un set aussi menaçant que le contenu de l’Ancien Testament. Incantations sombres et profondes. De longs blancs laissent un public perplexe mais médusé par sitar et oud produisant de jolis drones.

SHELLAC:

Shellac donne deux concerts. Le samedi après midi ainsi que le dimanche en ouverture de la troisième et dernière journée.  D’emblée durant le soundcheck/linecheck de fausses provocations fusent.  Des mots volontiers sexistes sont prononcés pendant la balance.  Ceux-ci sont tempérés par une mise au point du groupe disant qu’aux USA la seule prononciation de ceux-ci  en public peut vous amener derrière des barreaux.  Le son est sec et tendu. Maître Albini n’occupe pas la pole position tant les trois personnalités sont fortes.  Cependant j’entends autour de moi des personnes vénérer Monsieur Albini dont le parcours en qualité de musicien ou d’ingénieur (il ne se qualifie jamais de producteur) serait un  sans faute. Celà me laisse tout de même dubitatif. En milieu de prestation le bassiste s’adresse au public invitant les personnes qui le composent à poser quelques questions.  Shellac à défaut d’être original fait montre de grande fraîcheur. Les concerts sont volontairement rares et choisis.

SUNN O))):

Ayant vu et entendu Sunn O))) deux fois déjà cette année je m’approche d’une certaine saturation à leur égard.  Pour son deuxième set de ce festival le son est ‘anormalement bas’. Sinon le groupe se livre toujours au même rituel depuis des années.  Les musiciens en bure évoluent derrière un écran de fumée devant un mur d’amplis disposés en arc de cercle.  Soudainement une alarme visible mais non audible éclate. Le service de sécurité s’agite mais n’interrompt pas le concert. Plus satanique que jamais Attila apparaît sur scène et pousse des cris et hurlements.  Des faisceaux lasers lui sortent des doigts et déchirent le rideau de fumée. j’attends une nouvelle évolution d’un groupe englué dans sa pratique avant de lui accorder un nouvel intérêt.

EXPLOSIONS  IN THE SKY:

Nouvelle erreur que de programmer Explosions in The Sky au Pavillon.  L’acoustique du lieu, une sono bancale rendirent peu justice au groupe qui eut bien peine à s’exprimer.

 THE MAGIC BAND:

The Magic Band furent les vétérans de ce festival certains de ses membres ayant 65 ans et plus.  De nos jours l’ex groupe de Captain Beefheart  se produit très peu et ne répond qu’à de rares invitations ou à la demande.  La dernière prestation remontait à 2006 en Suède.  Trois anciens ayant cotoyés Don Van Vliet figurent dans le groupe.  Ce qui nous est proposé est un ‘best of live’  en hommage à Don Van Vliet. Nous eumes dont droit à des extraits des albums Trout Mask Replica, Mirror man et Safe As A Milk.  Concert moyennement intéressant car emprunt de nostalgie.

BEAK:

Groupe formé en 2009 par trois musiciens de Bristol dont Geoff Barrow (Portishead). Le groupe Beak tout comme sur son album s’est donné pour consigne de s’exprimer de la manière la plus immédiate et spontanée sans grande production ni effêts particuliers. Le groupe ne laisse pas grande impression.

SLEEPY SUN:

Un sextet originaire de San Francisco qui nous offrit une jolie surprise tout à fait inattendue.  Son leitmotiv ‘let’s go weird’.  Et en effêt ça marche.  Les influences sont nombreuses et leur  rencontre incongrue: Black Sabbath, Creedence Clearwater Revival, Brian Jonestown Massacre, Bjork, Pink Floyd.  L’intérêt est principalement du aux voix qui sans cesse se répondent.

BATTLES:

Quartet comprenant des ex musiciens de Helmet et de Don Caballero. Je n’ai pu malheuresement les entendre que durant 10 minutes. Contrairement à une prestation exécutée à Dour il y a 18 mois l’usage des samples fut bien trop abusif. Dommage.

APSE:

Apse fut l’un des groupes à se produire deux fois.  Le but les concernant fut de scinder live leur dernier double album.  Le chant est intriguant et ne permet pas aisément de distinguer le sexe du ou  de la vocaliste. Le groupe semble se chercher passant d’un registre post-rock à du punk-funk doux sans compter des aspects shoegaze et dance.

J. MASCIS AND THE FOG:

Membre fondateur des groupes Dinosaur JR et Sebadoh J. Mascis est resté englué dans sa période grunge.  Tel un  Neil Young hyper électrique et speedé il se livre à beaucoup de surenchère. Cantonné dans un coin devant deux amplis massif il joue et surjoue.

LIGHTNING BOLT:

Lightning Bolt à 15 ans d’existence. Le festival ATP 10. J’ai parfois entendu le groupe mais ne les ai  jamais vu. Cette fois ce n’est pas au milieu du public que le groupe se produit.  Malédiction je ne vois rien même si le duo a choisi une fois n’est pas coutume de s’exprimer sur une scène basse.  La batterie est diablement martelée….le chant distortionné.  C’est eux qui clotureront le festival non sans avoir été rejoint par Afrirampo.

Le bilan comme vous avez pu le deviner à la lecture de ces quelques mots est assez moyen.  The Fall aurait du honorer le festival de sa présence.  Finalement la formule de la ‘curatelle’  reste la meilleure même si celle-ci ne remplit que rarement ses promesses.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :