Beaucoup de bruit à l’ISELP: Un univers sonore (1950-1970)

Le jeudi 25 février se tenait une conférence (la  deuxième d’un cycle) à l’Iselp toujours consacrée au bruit ou à la noise en anglais. Un jeudi par mois de janvier à mai, de 18h30 à 22h30.  La seconde partie de cette séance ( animée tout comme la toute première fois par Sébastien Bisset et Anne Genette) nous aura pemis de voir le film Fuck You réalisé par Guy-Marc Hinant (fondateur du label Sub Rosa et Dominique Lohlé. Sub Rosa est une maison de disques, basée à Bruxelles, fondée à la fin des années 1980 mais qui émergea dans le milieu des années 1990 avec l’exploration d’une nouvelle forme de musique électronique. 

Le label, dirigé par Guy-Marc Hinant et Frédéric Walheer, produit une vaste anthologie de musiques concrètes, bruitistes et électroniques « An anthology of noise and electronic music » depuis 2001 (curateur : Guy-Marc Hinant).

Elle publie également des archives concernant l’avant-garde (Marcel Duchamp, William Burroughs, James Joyce), des pièces de musiques électroniques anciennes (Henri Pousseur, Tod Dockstader), certaines musiques traditionnelles (Anthologie Inuit, Musique sacrée du Tibet, le cantor Ben Baruch), ainsi que quelques classiques d’avant-garde (Morton Feldman).

Depuis 2000, s’est créée une maison de production de films : OME (pour Observatoire des Musiques Electroniques) autour de Guy-Marc Hinant et Dominique Lohlé. Son but est de réaliser une série de documentaires sur l’avant-garde musicale depuis la Seconde Guerre mondiale jusqu’à nos jours.

Cette fois il avait été décidé de couvrir  l’univers sonore développé entre 1950 et 1970.

Musique concrète: Sons issus de la vie quotidienne, juxtaposition à priori incongrue d’enregistrements hétéroclites, jeu sur le son par accélération et/ou inversion.  Pierre Schaeffer (théoricien et chercheur plutôt que musicien) est abondamment cité.  Schaeffer expérimente et se livre à des essais inédits aidé par une technologie offrant une grande liberté.  D’abord usage de disques souples (un support) sur lesquels sont enregistrés des sons et séquences sonores.  Plusieurs platines sont actionnées en même temps tantôt interrompues, accélérées ou avec rotation inversée.  Se voyant confier un studio à la radio française il entame une mission  consistant à rechercher les éléments d’une doctrine de l’émission radiophonique. Il collecte et manipule des objets sonores enregistrés sur 78T en vue d’une symphonie de bruits.  Est soumise à notre écoute l’Etude Pathétique (1948). 1950 création de la Symphonie pour un Homme Seul et naissance de la musique concrète.  Utilisation d’objets et de supports trouvé au gré du hasard. Musique traditionnelle de Bali, la voix de Sacha Guitry, une péniche, des casseroles. Des sons tels des échantillons sont mis en boucle.  Des sillons sont fermés. Certains accidents font prendre conscience de l’objet sonore. Certaines séquences sont plus ou moins longues et/ou répétées. Ecoute de l’oeuvre de Pierre Henry qui rejoint le mouvement « Variations pour une Porte et un Soupir ».  (1963). Plus tard les sons seront moins identifiables et déboucheront sur un résultat fin et abstrait.  Le résultat est indéterminé. Aucune partition.  Ecoute d’oeuvres de Michel Chion ‘Dix études de musique concrète’ et de Luc Ferrari ‘Presque rien’.  De plus en plus la musique concrète repousse les limites de l’art.  Petit à petit les sons sont classifiés et s’inscrivent dans un solfège.

L’acousmatique; l’écoute réduite = écouter le son pour lui même.  Deux types d’écoute l’une raffinée liée à une culture définie (mélodie, hauteur des notes…)  et l’autre sensitive ou naturelle (qualité de la voix,  du jeu de l’instrument…).  Dans notre quotidien nous offrons quatre types d’écoute: 1/ Ecouter: traiter le son comme indice d’une source, 2/ Ouir: être frappé de sons. Niveau élémentaire. 3/ Entendre: sélectionner pour opérer une qualification de ce qu’on entend. 4/Comprendre: saisir un sens.  Schaeffer aborde aussi l’écooute réduite consistant à aborder le son pour lui même comme objet sonore.  Dans l’écoute ‘ordinaire’ le son est toujours traité comme véhicule.  L’écoute réduite va à l’encontre des conditionnements.  La musique acousmatique est un sous-genre de la musique électro-acoustique. La cause et la source des sons sont abstraites et invisibles.   Les sons sont scénographés et spatialisés. L’électroacoustique recouvre l’ensemble des oeuvres faisant usage de l’électricité. 

Anne Genette interprète l’oeuvre de John Cage 4’33 » à la flûte à bec.  

4′33″ est une partition de musique avant-gardiste composée par John Cage, souvent décrite comme « quatre minutes trente-trois secondes de silence »[1],[2](mais qui est en fait constituée des sons de l’environnement, que les auditeurs entendent lorsqu’elle est interprétée[3]).

Le morceau a été écrit en principe pour le piano et est structuré de trois mouvements principaux. Sur la partition, chaque mouvement est présenté au moyen de chiffres romains (I, II & III) et est annoté TACET (« il se tait » en latin), qui est le terme utilisé dans la musique occidentale pour indiquer à un instrumentiste qu’il doit rester silencieux pendant toute la durée du mouvement. Avec cette oeuvre chaque exécution est une nouvelle crétion.  John Cage innove aussi en préparant ses instruments. Le piano devient à lui seul un orchestre.  L’aléatoire devient unélément dominant.  Des éléments étrangers sont introduits sur ou entre les cordes. Les propriétés acoustiques de l’instrument sont altérées.  Cage s’intéresse aux cultures orientales le conduisant vers un intérêt marqué pour les notions de hasard et d’indétermination.  Le hasard est à l’origine des hauteurs, des durées et de la dynamique. Cette pratique de l’aléatoire (niant l’idée même d’une décision de l’artiste, est totalement différente de ce que faisaient à la même époque des compositeurs comme Boulez ou Stockhausen. Que ce soit dans les domaines plastiques ou musicaux l’aléatoire devient monnaie courante. . Umberto Eco analyse le phénomène dans son ouvrage ‘L’oeuvre ouverte’ paru en 1962.  Plusieurs lectures d’une oeuvre coexistent au sein d’un public ou même de l’individu.  Les oeuvres deviennent ouvertes dans ce sens. Le spectateur vit une expérience dont il est l’auteur plutôt que consommateur.  Les lieux sont configurés de manière telle que l’impression de vivre dans un autre espace est donnée. Une volonté d’immersion dans la vie.  Les interprètes se voient distribués une partition sur laquelle ne figurent que des notions portant sur le temps.  Libre à chacun de la remplir d’action, de silence. Il est aussi fait mention du Black Mountain College.  

Il  fut une université expérimentale fondée en 1933 près d’Asheville en Caroline du Nord, aux États-Unis. Elle cessa son activité en 1957.

Elle fut fondée en réaction aux écoles plus traditionnelles sous l’impulsion de plusieurs enseignants (John Andrew Rice, Theodore Dreier, …), avec une orientation pédagogique plus libérale axée sur l’expérience de petites communautés et la mise en avant du travail manuel.

Elle reste aujourd’hui surtout célèbre pour son activité autour des art plastiques, de la poésie, ou de la musique, bien que son enseignement ait été multi-disciplinaire (sciences, langues, histoire, etc.).  C’est aussi l’époque des happenings qui fleurissent En Europe, au Japon, aux USA.  Nam June Paik réalise un film dans lequel ne figure aucune image. 

Fluxus:

Le Fluxus est un mouvement d’art contemporain né dans les années 1960 qui toucha principalement les arts visuels mais aussi la musique et la littérature.

À la fin des années 1950, de jeunes artistes, influencés par Dada, par l’enseignement de John Cage et par la philosophie Zen, effectuèrent un minutieux travail de sape des catégories de l’art par un rejet systématique des institutions et de la notion d’œuvre d’art. (Le mot « fluxus » signifie en latin « flux, courant ».)

La personnalité de George Maciunas se dégage bientôt de ce groupe : c’est lui qui choisit le nom Fluxus en 1961 et qui rédige le Manifeste Fluxus. Il crée une galerie en 1961 et organise des concerts de musique contemporaine, ainsi que des expositions de ses amis (John Cage,  ou La Monte Young) avant de s’installer en Allemagne. En septembre 1962, il organise le premier concert Fluxus, le Fluxus Internationale Festspiele neuester Musik, qui marque les débuts du mouvement. Bientôt des dizaines d’artistes des cinq continents s’y associent et trouvent dans cette pratique joyeuse et iconoclaste, l’espace de liberté qu’ils recherchaient.  Fluxus  prend le caractère d’une investigation philosophique reconsidérant notre rapport aux bruits, aux valeurs musicales et culturelles.

 Durant vingt ans, malgré les scissions et les exclusions, Fluxus restera fidèle à son utopie de départ : par un humour dévastateur et provocant, faire littéralement exploser les limites de la pratique artistique, abolir les frontières entre les arts et construire un lien définitif entre l’art et la vie.

Projection du film de G. Brecht, Entrance-Exit. Images à la mesure du bruit blanc qui est la somme indifférenciée de toutes les fréquences.

La distinction entre bruits et musique est à l’origine de maints débats. Le bruit a toujours été ressenti comme destruction, pollution, agression contre le code qui structure le message.  Le bruit est une arme.  La musique est la mise en forme, la domestication, la ritualisation de cette arme (Jacques Attali).  Henry Flynt est abordé.  Celui-ci a toujours voulu donner un penchant révolutionnaire à Fluxus. 

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :