Le retour de la K7!!!!!!!!!

Qui eût parié sur le retour de la cassette audio il y a encore deux ans, à une époque où le cd semble, si pas vivre ses dernières années, certainement traverser des temps difficiles. De nos jours le mp3 et sa médiocrité paraissent supplanter tout support sonore.

La culture cassette était somme doute un dérivé du mouvement mail art datant des 70s et 80s avec un esprit DIY (do it yourself). En Angleterre la culture de la cassette connut son apogée entre 1978 et 1984 avec des points de ventes tels que Rough Trade . Des groupes tels que Throbbing Gristle, Cabaret Voltaire, Clock DVA affectionnaient ce format. Certains groupes envoyaient leurs production gratuitement à quiconque leur faisait parvenir une cassette vierge et une enveloppe timbrée et adressée au nom de l’expéditeur .

Aux USA le mouvement fut plus tardif et dut son expansion grâce à une distribution assurée par la poste. Riot Girl, punk rock, collages sonores, les cassettes s’échangeaient et accompagnaient des fanzines. Le format du support a rendu la cassette populaire. Autre détail significatif, les musiciens ne devaient pas faire usage d’une technologie coûteuse. Le son était considéré comme raisonnable. La duplication facile et rapide. (tape to tape).

Il n’était pas rare que des groupes sous contrat continuent à produire et à diffuser des cassettes contenant des enregistrements live ou le résultat de travaux à l’état de ‘work-in-progress’. Cependant au nom de la liberté artistique de nombreuses production de piètre qualité parurent sous le couvert d’un amateurisme revendiqué.

En Angletere la presse hebdomadaire (le NME, le Sounds) poussaient la culture cassette. L’exemple le plus illustre est celui de la C-86 . En 1981, le label Rough Trade publie déjà une compilation de 24 titres avec des artistes comme Pere Ubu, Cabaret Voltaire, Orange Juice, Robert Wyatt, The Buzzcocks etc…

Cette cassette a pour nom C81 en référence au nom des cassettes vierges vendues dans le commerce (C30, C60, C90, C120).

Dès la motié des 90’s la production de cassettes décline même s’il faut compter sur des labels tels que : Scotch Tapes, Eetapes, Entra’cte, American Tapes, Not Not Fun records, Tapeworm etc…

Dernièrement, Oneida qui n’est pas le plus underground des groupes, propose une édition uniquement disponible sur cassette, tout comme Dirty Projectors ou Deerhunter multiplient les formats incluant la cassette.

Selon les dires de Thurston Moore : ‘I only listen to cassettes’.

Une expo est aussi organisée à New York « Leaderless : Underground Cassette Culture Now ».

La cassette n’a jamais complètement disparu dans le domaine du noise et de l’expérimental et demeure un rejet face à un monde de surabondance qui offre des millions de productions au-delà de toute capacité digestive. La cassette offre une alternative (nostagique ??) dans un monde ou le mode du travail, l’environnement, des cultures minoritaires sont mises à mal et où sévissent la dictature digitale, Internet et le téléchargement.

 

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