Archives de ire

RADIO ON film de Christopher Petit [1980] VR0140

Posted in Uncategorized with tags on septembre 15, 2008 by debloque

1980 ou 1981une année charnière.  Je cesse d’accorder un intérêt suprème et exclusif à la musique  pour m’initier doucement au cinéma. A Charleroi mis à part dans de rares ciné clubs il  nétait guère aisé de voir des films en V.O.

Heureusement qu’existe le cinéma Le Parc géré par des pères jésuites qui tout en étant les gardiens de la morale faisaient preuve d’une grande ouverture cinématographie. Je me souviens encore entendre l’un d’eux  dire « était-il vraiment nécessaire de montrer ce sein » ou bien encore les parties intimes n’étaient pas vraiment nécessaires n’est-ce pas ».

Le cinéma allemand était à son apogée. Je m’abreuve de  l’oeuvre de Wim Wenders,  Fassbinder, Margarethe Von Trotta,  Volker Schlöndorff.  Sont souvent projetés aussi les films de Angelopoulos, Tarkovsky.

Depuis lors mon regard sur la vie est devenu bien plus sombre. Je remercie ces artistes de m’avoir aidé à perdre mon innocence. And I mean it!!!!

Semaine passée  je me trouve au cinéma Nova. Plongé dans la salle obscure j’observe les images du film Radio On.  Je n’avais pas pris la peine de lire le programme mais immédiatement me sont venues à l’esprit des images de Alice dans les Villes, Au fil du temps etc…. de Wim Werders. Et pour cause un véritable road movie nous conduit vers Brighton ou le protagoniste principal cherche à connaître les raisons du suicide de son frère.  Il abandonne tout: le boulot, sa famille, son appartement, son cadre habituel.

Une photographie superbe. Un scénario très mince permet au spectateur de faire son propre cinéma. Une magnifique lenteur à contre courant.

Méditation dans une Grande-Bretagne désolée. Paysage urbain à l’abandon et glauque. Architecture délabrée.

La B.O.  est constituée de morceaux assez populaires et répandus à l’époque (Devo, Ian Dury, Lene Lovitch….

Sting apparaît aussi. Son rôle est bref mais sa présence est marquante. D’autres personnages sont croisés: un soldat dont l’attitude violente est conduite par la pratique d’un boulot qu’il déteste, une femme allemande déconnectée de son pays natal.  Angoisse existentielle entretenue par un manque de sens.

Ce film fut co produit par Wim Wenders dont l’empreinte est sans doute un peu trop présente.